Rosso

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28 novembre, 2010

Casamance

Classé dans : Non classé — marierosso @ 16:56

2ème étape: la Casamance

Après le relief du Sénégal Oriental, je découvre une région bien plus plate. Les rizières s’étirent jusqu’à l’horizon, parsemée de palmiers, de fromagers qui n’en paraissent que plus élégants.

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Les mangroves, plus trapues, nous invitent à nous enfoncer en pirogue ou en kayak dans les méandres de leurs sillons. On admire les racines aériennes des palétuviers qui semblent plonger dans l’eau. Véritable trésor environnemental, les palétuviers ne poussent qu’en milieu marin avec un certain taux de salinité. « Il faut savoir que le palétuviers grâce aux glandes excrétrices de sel de ses feuilles lui permet d’isoler et d’éliminer le sel en excès. Les racines échasses sont « équipées » d’un système respiratoire qui leur permet d’effectuer des échanges gazeux à marée basse. » On cultive des huitres qui s’accrochent aux racines, poissons et crevettes foisonnent et les oiseaux y vivent par milliers. C’est pourquoi une importante association, l’Océanium, travaille au reboisement de la mangrove en Casamance.
« Un camion itinérant projette publiquement des films de sensibilisation dans toute la sous-région. Des séances d’éducation environnementale sont organisées dans les écoles afin de former des éco citoyens et les futurs gestionnaires de l’environnement. Pour lutter contre la déforestation, l’association mène des campagnes de reboisement et participe à la création de pépinières, de périmètres agro-forestiers et de forêts communautaires. Le travail de l’Océanium consiste enfin à impliquer les scientifiques, les médias et les pouvoirs publics dans ses combats pour la pérennité des ressources naturelles d’Afrique de l’Ouest. » (http://www.oceanium.org)

dsc00964.jpg  dsc00998.jpg  dsc01080.jpg  dsc01079.jpg  dsc01071.jpg (là je suis en mode protection maximale contre le soleil à cause des brûlures au visage, mains et pieds…!)

Ici, c’est le pays des Diolas, animistes, dont le riz est la culture traditionnelle de subsistance, c’est un signe de richesse. Chaque famille hérite d’une parcelle à cultiver entièrement à la main ce qui nécessite un travaille long et fastidieux mais sacré. De ce fait, ils refusent les méthodes de culture industrialisées… La production obtenue doit couvrir les besoins pour l’année, c’est pourquoi le riz n’est pas commercialisé. Malheureusement c’est souvent bien trop insuffisant et les familles doivent acheter du riz importé de Chine! On cultive aussi le riz de montagne qui a moins besoin d’eau et ne nécessite pas d’être repiqué comme le riz des bolongs. Les Diolas représentent un peuple particulièrement attaché à ses traditions, ils ont une forte personnalité. Il y a encore des rois dans certaines régions qui gèrent les affaires de leur Royaume (plusieurs villages réunis). C’est pourquoi ils se heurtent facilement aux institutions gouvernementales. Parallèlement ils se sentent mis à l’écart de tout au Sénégal à cause de la situation géographique de la Casamance, séparée du reste du pays par la Gambie (cf carte dans l’article « Sénégal, introduction »).
Vivent également d’autres tribus telles que les Balants (chasse et élevage), les Bâmouks, les Mandingues, les Soninkés, Toucouleurs et Peuls. La Casamance est aussi la région qui contient le plus de chrétiens.

La Casamance est le paradis des fruits (malheureusement pas pendant la saison des pluies) avec ses mangues, papayes, fruits de la passion, oranges, pamplemousses, citrons. Mais c’est aussi celui du poisson, des huitres, des crevettes, des coquillages (dont j’ai pu me régaler, tout juste ramassés le matin même chez une famille qui m’a invitée après avoir demandé mon chemin!), pays des arachides, de l’huile de palme.
De la capitale de la Casamance, Ziguinchor où j’ai été très gentiment accueillie par la grande famille des pères spiritains,  j’ai pu visiter, entre 2 orages, de beaux villages à pied mais aussi en scooter grâce à un ami de la mission! Ci-dessous la maison et la cuisine d’un ami (tout en bleu sur les photos) chez qui nous avons déjeuné de succulents petits poissons fraichement pêchés, juste cuits à l’eau avec un peu de citron…un délice!

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Encore de bien belles découvertes telles que cette case à impluvium au sein de laquelle vivent 4 familles. Le toit est en paille. Les « appartements » se répartissent autour d’un grand puits de lumière au centre de la case. Cette ouverture centrale permet de récupérer l’eau des pluies (douche, lessive,etc.) , d’avoir de la luminosité mais aussi de limiter les ouvertures sur l’extérieur et les sorties afin de se préserver des attaques éventuelles. Ainsi par exemple l’éducation peut se faire par les vieux à l’intérieur.
La seconde photo montre le kanbab, ceinture qui sert à monter dans les palmiers lors de la récolte de la sève qui donne le vin de palme. Par incision sur le pédoncule des régimes, on récupère la sève dans une bouteille (auparavant dans une calebasse). Après une fermentation très rapide (1 jour grand max), le vin de palme est immédiatement vendu par les femmes car il ne se conserve pas.
La 3ème photo représente la pelle traditionnelle, le kadiendo, outil indispensable pour la culture dans les rizières.
La dernière photo représente une ruche, tout est à portée de main!

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Puis je me suis dirigée vers Oussouye chez des Soeurs de Saint Coeur de Marie. Certaines Soeurs sont enseignantes mais leur principale activité est de s’occuper de leur « orphelinat ». Ce sont des enfants dont la maman est décédée à la naissance, ou alors handicapée ou dont la maladie l’empêche de s’en occuper. Le père ne pouvant prendre en charge l’enfant, il le dépose chez les Soeurs. Les enfants sont accueillis jusque l’âge de 6 ans. De là ils vont dans un autre « orphelinat » à Cabrousse, sur la côte, pour aller à l’école. J’ai été leur rendre visite lors de mon passage à Cabrousse et là encore j’ai pu admirer le travail des Soeurs avec des établissements impeccables, un enseignement très bien organisé, un jardin potager et j’en passe. Ils vont alors tous les étés passer un mois dans leur famille pour se réacclimater à l’environnement familiale avant de revenir définitivement chez leurs parents à l’âge de 12 ans. Autant vous dire que ce n’est pas toujours évident car le niveau de vie de certaines familles est souvent vraiment misérable. Les Soeurs s’en sortent habituellement grâce au parrainage qui suit l’enfant autant de temps que cela est possible mais la crise est partout et ces parrainages viennent à manquer aujourd’hui, il faut pourtant bien nourrir tout le monde! Néanmoins, ce travail laborieux porte ces fruits avec des enfants qui arrivent eux aussi un jour à trouver un emploi, à fonder une famille et à vivre dignement.
Je suis arrivée au moment de la fête du roi d’Oussouye (ci-dessous en rouge si vous arrivez à le voir!), célébrée avec 3 jours de lutte traditionnelle, 2 jours réservée aux hommes et 1 journée pour les femmes.

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Autre curiosité lors d’une ballade en VTT: une case à étage. Elle a été construite par un ancien tirailleur sénégalais appelé en France pendant la 2nde guerre mondiale, et qui avait voulu reproduire chez lui le modèle des maisons européennes.

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Ci dessous le fromager, arbre caractéristique du Sud du Sénégal alors qu’on retrouvera les baobabs plutôt au Nord du pays. Ses racines procurent un bois léger avec lequel on fait des portes, des pirogues mais aussi de petits avions. Et puis l’arbre à calebasses qui sert pour faire des récipients mais aussi des instruments de musique comme la kora.

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Et puis la Casamance c’est aussi ses bolongs, bras de mer qui s’infiltrent à l’intérieur des terres du Sénégal et permettent de ravissantes ballades et visites d’îles paradisiaques!

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sa côté bordée de plages de sable fin et de cocotiers…

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De villages en villages, j’ai pu rencontrer d’autres communautés de Soeurs qui gèrent crèches, écoles primaires, collèges, sont dans l’enseignement; elles gèrent le dispensaire et sont infirmières, elles gèrent un centre de promotion féminine, un foyer de jeunes filles.

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