Rosso

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27 février, 2010

Le marché

Classé dans : Février 2010 — marierosso @ 12:37

Je poursuis ma lancée sur mes premières courses au marché.

Le week-end Mauritanien est le vendredi et le samedi, nous avons donc notre journée de repos le vendredi (l’office étant alors décalée à 8h, ce n’est pas désagréable de se lever un peu plus tard) et le samedi matin (office à 7h30), nous reprenons le samedi après-midi à la bibliothèque.
Aussi j’ai sauté sur l’occasion la semaine dernière pour aller au marché vendredi matin, ce qui ne devrait pas en surpendre certains qui connaissent bien mon enthousiasme incurrable pour ce lieu de produits frais aux couleurs vivent et senteurs exquises qui réveillent les papilles! Mais en dehors de chez soi, en sus d’être un lieu de détente et de flânerie, surtout à l’étranger, c’est aussi le lieu privilégié pour aller à la rencontre d’une autre culture, des habitants et d’entrer en relation avec eux d’une toute autre manière. Il n’est cependant pas évident de prendre des photos, la plupart des commerçants refusent ou veulent de l’argent en échange.

La halle au marché est toute petite et laisse place principalement aux étalages de poisson: Thiof, Mérou, Mulet, poisson séché et autres poissons en tout genre. Les femmes les vendent entiers ou bien coupent les têtes à la demande. Curieusement, il n’y a aucune odeur, tout est posé à même le sol sur un tissu et fait le bonheur des mouches!

Poisson.jpg 

Autour de la halle sont installées des tentes sous lesquelles les commerçants s’installent les uns à côtés des autres accolés ou non. On trouvera alors principalement les légumes: aubergines, carottes, tomates, navets, pommes de terre, choux, concombres, oignons à profusion, poivrons, piments, gombos (cf photo de la plante), potirons, aubergines amères (ressemble à un mini potiron jaune, cf photo avec les oignons), rares salades. Pas de fruits à part des citrons vert, les quelques clémentines qui viennent du Maroc sont vendues aux abords du marché. On trouve également quelques noisettes, de la menthe fraiche (très parfumée), du riz, de la semoule, des arachides et autres fruits secs en quantités.

Légumes.jpg Piments rouges et citrons verts, etc.jpg Arachides, etc.jpg Riz.jpg  marchderosso.jpg gombo.jpg

Les étalages de viande sont regroupés dans une partie du marché, en hauteur cette fois-ci et tenus par des hommes, là aucune possibilité de prendre une photo!

Aussi le charbon prend une place importante sur le marché car il est le combustible indispensable pour faire la cuisine et le thé. Très peu de familles ont une gazinière, tout se fait au charbon ce qui donne aux plats encore plus de saveurs!

Charbon.jpg 

Puis le marché s’étend par des sortes de minis roulottes, véritables caverne d’Ali Baba dans lesquelles on trouvera 1001 épices!

Epices.jpg 

Autour du marché, des petites épiceries, quincailleries et artisans…

Tailleur sur commande, sénégalais.jpg 

On trouve des fruits plutôt en ville dans quelques épiceries (pommes, bananes, oranges principalement) et dans la rue, des clémentaines vendues dans des charettes ou des cagettes. Les fruits sont d’ailleurs excellents et nous en achetons beaucoup mais les mauritaniens en mangent peu, ce n’est pas dans leurs habitudes alimentaires. Pourtant les clémentines ne coûtent pas beaucoup plus chères que les légumes. Aussi nous en offrons facilement 1kg lorsque nous sommes invités quelque part plutôt que d’apporter des sucreries et c’est toujours trés apprécié. Il faut dire aussi que c’est une question de saison et ce sera bientôt celle des mangues, le fruit que je préfère, j’ai hâte :-) !!!

Comme beaucoup de marchands viennent du Sénégal notamment, le marché s’installe relativement tard, à partir de 8h pour les premiers, les autres arrivent plutôt vers 9h-9h30. A 8h30 par exmple, impossible de trouver des clémentines mais par contre, les légumes sont plus beaux.
Bien sûr, en tant que Toubab (« Blanche »), les prix flambent pour moi puisque rien n’est affiché, ils de fixent en fonction des arrivages. Il faut donc tout négocier pour retrouver le prix normal et comme certains pourront le deviner, je le fais très naturellement…!

24 février, 2010

Déjeuner chez Ousmane

Classé dans : Février 2010 — marierosso @ 22:35

Ousmane travaille pour la mission catholique depuis 20 ans. D’une discrétion absolue, il est pourtant à la fois enseignant, mécanicien, plombier, participe aux projets mis en place par la mission, etc., un vrai génie!!! Il construit petit à petit sa maison de ses propres mains sur un terrain dans un nouveau quartier un peu à l’écart du centre ville de Rosso et très peu construit pour le moment. Bien sûr ces terrains commencent à attirer la convoitise des plus riches, les constructions non entamées ont été stoppées, les délimitations de terrain sont alors devenues sources de discussions… Ousmane ne lâche pas prise!

Ousmane est un homme d’un courage et d’une énergie incroyable avec un coeur immense.

J’ai été déjeuner dans sa famille samedi dernier, sa femme nous avait préparé un délicieux Tieboudien, plat national du Sénégal et de la Mauritanie, « riz au poisson » en wolof.
Tous autour du même plat disposé sur la nappe blanche, on le mange avec la main! Assis par terre, cela permet d’avoir de la hauteur pour minimiser les dégâts mais indéniablement, la nappe ne sera pas épargnée… Le riz étant bien gras, on forme facilement une petite boule au creux de la main en y intégrant un petit morceau de poisson ou de légume, puis on pousse adroitement cette boulette avec son pouce dans la bouche. Bon, j’avoue ne pas avoir essayé pour cette première et la technique s’apprend de la même manière qu’un enfant apprend à tenir sa fourchette et son couteau. Le fils de Sarou par exemple (le plus clair des 2 petits garçons en photo) utilise encore la cuillère…
La cuisinière arrose régulièrement le plat du reste de bouillon très parfumé qui n’a pas servi, c’est encore meilleur!
Aussi, dans une sorte de grand saladier, il y a la tête du poisson, les artères et autres organes dont se régalent les hommes après avoir eu assez du plat, ils sont les premiers à pouvoir se servir… Les femmes finiront les restes car on considère qu’elles ont plus de temps mais ce n’est pas péjoratif du tout et je dirai moi même que c’est comme lorsqu’on  »gratte » le plat, c’est ce que je préfère! 

Koumba, femme de Ousmane et leurs 2 fils, Saher et Idris.jpg Avec Quality à droite, une des filles de Ousmane.jpg photo077.jpg Mor, le frère de Ousmane (à gauche) et Sarou un ami.jpg photo074.jpg Thieboudien (riz tomaté, poisson, légumes, piment).jpg Famille et amis.jpg photo071.jpg Koumba versant la sauce aromatisée du thieboudien.jpg

Recette

- 1 thiof (mérou, colin ou cabillaud) de 1,250 kg découpé en morceaux
- 125 g de concentré de tomate
- 400 g d’huile d’arachide
- 1 piment frais vert
- 3 piments rouges
- 1,250 kg de riz
- 125 g de poisson séché
- 250 g de carottes
- 1 petit chou
- 300 g de patates douces
- 300 g d’aubergines (rondes)
- 200 g de navets
- 3 oignons
- Pérsil, sel, poivre.

Hachez ensemble un oignon, le persil et un petit piment rouge. Salez. Faites un petit trou dans chaque morceau de poisson et remplissez de ce mélange. Dans une cocotte, faites chauffer l’huile. Faites revenir dedans les tranches de poisson. Retirez et remplacez par le reste des oignons hachés, le concentré de tomate (délayé dans un verre d’eau ou mieux dans du fumet de poisson). Portez à ébullition. Baissez le feu et laisser mijoter 5 minutes.

Ajoutez les aubergines, les navets, les patates douces, les carottes, puis le chou coupé en quartiers, les piments coupés en petits morceaux, le poisson séché coupé en tronçons. Couvrez d’eau. Salez, Poivrez. Portez à ébullition, baissez le feu, laissez mijoter pendant un bonne demi-heure. Ajoutez les tranches de poisson. Laissez encore mijoter pendant une demi-heure.

Apres la cuisson des legumes et du poisson, les retirer les deposer dans un plat. Retirer aussi un peu de sauce, et à leur place mettre le riz dans le restant de la sauce.

20 février, 2010

Visage mauritanien

Classé dans : Février 2010 — marierosso @ 22:58

Voilà une semaine maintenant que je suis arrivée, bien chargée et avec de nombreuses choses à raconter mais il est important à mon sens de donner quelques précisions sur la population Mauritanienne, cela permet également de mieux comprendre les photos (que je ne peux télécharger maintenant car nous avons eu des coupures de courant et je n’arrive pas à refaire démarrer l’ordinateur où je les ai enregistrées…heureusement qu’on a également un portable avec wifi au moins pour se connecter). J’ai repris les informations qui suivent sur un site car je les trouve très claires et j’y ai apporté quelques commentaires.

Fondée en 1902 par l’occupation française de la région, la Mauritanie est une terre de contact entre l’Afrique noire (Sénégal et Mali) et le Maghreb (Maroc et Algérie). Elle appartient au Grand Maghreb, mais dans le sud du pays les populations négro-africaines sont largement dominantes.
Avec ses 3,2 millions d’habitants dont 800 000 dans la capitale Nouakchott, la population mauritanienne se divise en deux groupes :
- Les populations de langue et culture maure (70 % de la population), divisées entre les Maures blancs (les Beïdanes, 30 %), descendants des conquérants arabo-berbères (XVe siècle) et les Maures noirs (les Harratines, 40 %), descendants d’esclaves, plus ou moins métissés. Si l’esclavage a été aboli par la Constitution de 1961 et par une ordonnance de 1981, et les Haratines intégrés au système culturel arabo-berbère, des pratiques esclavagistes continuent d’être employées à leur encontre.
Les Maures sont très grands et fins, en particuliers les Maures blancs.

- les négro-africains (30 % de la population) qui sont par ordre d’importance, les Halpoulaars : Toucouleurs (16,5 %) et Peuls (4,8 %), les Soninkés (ou Sarakolés, 8,7 %), les Wolofs, les Bambaras, agriculteurs et pasteurs qui vivent dans la région du fleuve Sénégal (Rosso en fait partie et constitue la ville de passage d’une rive à l’autre, c’est pour cela que l’on parle de Rosso Sénégal et Rosso Mauritanie).Les Noirs sont les habitants les plus anciens du pays. Ils ont souvent le sentiment d’être des citoyens de secondes zones, face à une communauté maure et en particulier beïdane, qui tient les rênes du pouvoir. D’où les violences inter-ethniques récurrentes qui ont pris un tour particulièrement violent en 1989 et en 1991.
On observe bien dans l’administration comme dans les entreprises que les plus hauts placés seront toujours des Maures.
Si le Maire de Rosso est négro-africain comme vous le verrez sur les photos, c’est parce qu’il est élu par la municipalité alors que le gouverneur, le chef de la Sécurité, de la douane, l’Imam, etc. sont nommés par le gouvernement donc Maures…
Malgré cela, la cohabitation entre les 2 populations se fait bien. Chacun ses traditions qui sont tout de même reliées par une même religion, l’Islam. Mais les codes vestimentaires, la cuisine, la langue, certaines traditions et même la façon de vivre certaines fêtes religieuses comme la fin du ramadan ou le mouloud diffèrent d’un peuple à l’autre. C’est ce qui me frappent au quotidien, ces différences sont totalement visibles extérieurement et pourtant, ils se respectent alors que chez nous, en France, la différence est tout de suite remarquée et catégorisée…
Les métissages ayant été constants à travers l’histoire, les rapports communautaires s’expriment surtout à travers les clivages culturels et sociaux, et l’opposition entre Maures, majoritaires dans l’appareil d’État et socialement dominants, et Noirs, en quête de pouvoir.Plusieurs dizaines de Mauritaniens négro-africains ont été expulsés de leur pays vers le Sénégal et d’autres se sont réfugiés au Mali à partir d’avril 1989, suite à des affrontements ethniques ayant fait plusieurs victimes de part et d’autre du fleuve Sénégal.
Certains reviennent et vivent comme réfugiés regroupés dans des campements à proximité de Rosso.
La langue officielle est l’arabe classique (depuis 1968).
En réalité, la langue la plus parlée est la hassaya, variante locale de l’arabe qui a intégré les dialectes berbères. C’est la langue des Maures et des Haratines, les anciens esclaves (d’origine négro-africaine), aujourd’hui officiellement affranchis.
Les dialectes berbères ne sont plus parlés que par une petite minorité.
Les Négro-Mauritaniens parlent le poular (Peulhs et Toucouleurs), le soninké, le wolof. Ces langues nigéro-congolaises sont parlées par environs 10 % de la population (dans la vallée du Sénégal ou dans la capitale).
A Rosso, la langue la plus pratiquée est le Wolof. De ce fait, par exemple à l’atelier de couture, il y a 2 femmes maures qui ne parlent presque pas car leur langue est le hassaya alors que les autres femmes Peulhs ou Wolofs parlent ensemble le wolof.
Le français, hérité de l’époque coloniale est courramment utilisé par les élites. Il a été langue officielle, seul jusqu’en 1960 et au côté de l’arabe jusqu’en 1991. Les seules langues écrites en Mauritanie sont l’arabe classique (très peu parlé en réalité) et le français.

Au milieu des années 2000, le taux d’alphabétisation n’atteint que 43 %. Mais 88 % des enfants d’une même classe d’âge suivaient des études primaires, 23 % des études secondaires.

À côté de l’enseignement public, il existe des écoles coraniques qui familiarisent les enfants avec l’écrit à travers la lecture et l’écriture de l’arabe.

En dépit de son nom officiel : République Islamique de Mauritanie, la Mauritanie pratique un islam tolérant et ouvert.« Alors que l’ancien régime, puis la junte, avaient fait du combat contre l’islamisme politique l’un de ses principaux objectifs, le président renversé [en août 2008] avait légalisé un parti islamiste, remplacé le week-end universel du samedi et dimanche par le week-end islamique du jeudi et vendredi et construit une mosquée au sein de la présidence, ce que ses prédécesseurs n’avaient jamais fait. Tous ces éléments n’étaient pas très appréciés par les partenaires occidentaux de la Mauritanie. » (extrait d’un entretien avec Lemine Ould Med Salem, Le Point, 6 août 2008) .
Les nombreux coups d’Etat boulversent à chaque fois la pays car chaque nouveau Président entreprend des réformes qui perturbent ne serait-ce que le système scolaire. Ainsi, certaines matières comme la philisophie et les maths seront enseignées en arabes maintenant. La population doit sans cesse s’adapter à ces changements ce qui est difficile pour elle, j’ai vu l’autre jour un étudiant à la bibliothèque qui ne parle pas le français ce qui le bloque dans ses études.
Finalement, ce qui fait peur dans ce pays comme dans beaucoup de pays en développement c’est qu’il regorge de richesses telles que les mines de fer, le pétrole, une côte foisonnante de poisson (dont je ne me lasse pas d’ailleurs!) mais l’occidentalisation brutale attise la soif de pouvoir et d’argent. Ainsi, le gouvernement et les grands dirigents d’entreprise s’engraissent, prenant la tangente de l’individualisme pure, pourvu qu’ils puissent se gaver à outrance; tandis que la population s’appauvrit et la corruption devient le seul moyen de survivre. Ainsi par exemple, le chef de la sécurité côtière aurait été dénoncé comme ayant une énorme fortune sur son compte en banque, laissant ainsi des étrangers se servir largement en poisson au détriment des pêcheurs locaux à qui il ne reste plus grand chose. Après les russes, l’Asie dont le Japon serait particulièrement bien implantée pour venir vider la côte mauritanienne. L’hospitalité est tout de même le 1er mot qui me vient à l’esprit quand je pense au mauritaniens. Pour eux, être riche, c’est encore pouvoir vivre ensemble, en communauté et partager le peu qu’ils ont. La porte est toujours grande ouverte et la qualité de leur sourire exprime si bien la Vie, leur bien le plus précieux. On est frappé par les salutations longues et répétées (traditionnel « Salam Aleikoum » suivit de « ça va bien? », « et ta femme ça va? » « et ta mère, ça va? » « et ton père, ça va? » « et tes enfants, ça va? », etc. etc. et je peux vous assurer que ces tout le temps ainsi!!! Vivre seul pour eux c’est mourrir.
De la même manière, c’est inconcevable pour eux qu’une femme ne soit pas marriée, c’est d’ailleurs la 1ère question que l’on me pose. Comme les mauritaniens que je recontre connaissent les Soeurs (qui sont déjà des spécimens bien étranges à leurs yeux!), ils croient alors que je suis religieuse. C’est très difficile de leur faire comprendre que je ne suis ni mariée, ni religieuse, cela les perturbent totalement et c’est impressionnant de voir leur réaction. Alors les handicapées veulent me trouver un mari par exemple, d’autres se lancent dans des discussions interminables avec la Soeur Luciana pour la convaincre qu’on ne peut me laisser comme cela, etc. etc.
Dans leur coutumes, les hommes se marient avec leur cousine la plus proche. Ces mariages arrangés ne durent pas longtemps, les femmes divorcent facilement, parfois le lendemain même du mariage et se remarient. Les hommes ont plusieurs femmes, mais cela j’en reparlerai car c’est un sujet que je n’ai pas encore bien abordé.
La Mauritanie me dévoile progressivement ses multiples faces, généreuse et fascinante! 

15 février, 2010

1ers jours

Classé dans : Février 2010 — marierosso @ 23:20

Depuis mon arrivée à Rosso vendredi dernier, la semaine a maintenant commencé pour moi. Je vis au rythme des prières du matin,laudes cumulées avec la messe en semaine à 6h45; du midi, les sextes vers 12h30 et du soir, les vêpres vers 19h en fonction de l’activité de chacun.  Je disais au Père Bernard ce soir que j’appréciais ce moment de prières, il permet d’entrer en douceur dans le jour, de faire une pause en milieu de journée et d’entrée en douceur dans le soir.

Rosso est une ville très sale et très pauvre, tout en travaux achevés ou pas. Trés poussiéreuse à cause du vent de sable qui souffle en permanence, avec des ordures qui trainent partout mais surtout des sacs plastiques qui constituent la principale nourriture des chèvres!!! En fait, personne ne leur a enseigné la notion de propreté en dehors de son logis donc les gens jettent tout dehors, par terre sans avoir conscience des conséquences ni même vraiment que leur ville est salle!

ruederosso1.jpg ruederosso2.jpg ruederosso3.jpg ruederosso6.jpg ruederosso4.jpg ruederosso5.jpg photo008.jpg

 Père Bernard et les Soeurs s’attèlent à le leur enseigner déjà au sein de la mission catholique, dans la bibliothèque, à l’atelier de couture, et par tout autres moyens pour que ça rentre petit à petit dans leurs habitudes, les meilleurs élèves étant les enfants!

Le matinées du dimanche au mardi se passent à l’atelier de couture des handicapées. 

Atelier de couture des handicapées.jpg

En attendant que je connaisse la route, Ousmane m’y accompagne le matin à 8h et nous passons prendre 3 d’entre elles. D’autres nous retrouvent sur place et nous nous installons rapidement, par terre à cause de leur handicap. Awa, handicapée qui gère en toute autonomie maintenant cette micro entreprise apprend la couture à 3 femmes d’un village peuls voisin. L’objectif est de permettre le développement de cette activité dans ce village. Awa, que j’accompagnerai dorénavant, s’y rend une fois par mois pour vérifier le fruit de leur travaux et les aider en cas de difficultés.

Awa, gérante de l'atelier avec une des Soeurs.jpg Altine (Peul), à gauche et M'Backé (négro-africaine, fille de notre cuisinière).jpg 3 femmes du village peul de gauche à droite Aïchatou, Marie et Altine.jpg Aïchatou avec fer à repasser et Fatou.jpg Fatou, femme négro-africaine.jpg Halima, femme maure.jpg Sac fabriqué par les handicapées.jpg
Ces 2 matinées que je viens de vivre avec elles sont formidables pour moi et me rappellent certaines soirées avec Christelle, Ghislaine, Nathalie et Rim où ça n’arrête pas de vanner, de taquiner, de rigoler avec leurs mimiques et leurs expressions natales. Du coup, même si je ne comprend rien, je ris avec elle car j’imagine très bien ce qu’elles peuvent se dire et Awa me fait parfois la traduction.
J’aime aussi observer l’une des Peuls préparer le thé avec cet art unique qui le rend si savoureux, généreux, elle vous envoute rien que par l’odeur de la menthe fraichement cueillie, plongée dans le thé bouillant et qui prend toute sa puissance d’arôme dans le sucre abondamment ajouté.

Aïchatou préparant le feu pour le fer à repasser et le thé.jpg Aïchatou préparant le thé.jpg   Préparation du thé.jpg photo0651.jpg
J’ai l’occasion également de faire une visite au dispensaire situé sur le même terrain où les femmes viennent tous les matins avec leurs enfants. Je suis une vraie attraction pour elles, mais elles sont très gentilles. Certains petits sont effrayés par la couleur de ma peau j’imagine et refusent de me toucher quand je leur tend la main, d’autres au contraire sont très curieux et viennent spontanément me dire bonjour en retournant rapidement vers leur maman. C’est très touchant, ils sont craquants!

Voilà ma grande 1ère en tant que prof d’anglais, je crois que j’ai appris pas mal de mots moi aussi! Disons que c’est du soutien scolaire en anglais donc on a parlé des mots et de leurs contraires aujourd’hui, j’essaie de les leur expliquer par des exemples, leur demande de me donner des exemples à leur tour pour qu’ils les mémorisent et je leur fais lire les mots pour la prononciation. Bon, c’est sûr qu’à côté de la soeur qui était prof d’anglais, très pédagogue et pleine d’imagination, c’est pas évident mais les jeunes sont très faciles et gentils, on s’apprivoise.

Leçon d'anglais à l'entrée de la bibliothèque.jpg Soutien d'anglais.jpg

Nous ne sommes maintenant plus qu’avec Père Bernard, la Soeur italienne Luciana et Georges le gardien au sein de la mission catholique sans oublier Ousmane qui vit avec sa famille dans un quartier de Rosso. Chacun m’apprend beaucoup de la vie mauritanienne. Et il y a de quoi faire! Il y aurait tant de chose à raconter car chaque heure passée m’apporte quelque chose de nouveau et j’essaie de mon côté de rendre les services que je peux.

13 février, 2010

Arrivée

Classé dans : Février 2010 — marierosso @ 22:28

Départ le 11 février 2010 sous -5° d’Orly Sud. Escale à Tunis, 11°. Arrivée à Nouakchott, capitale de Mauritanie à 21h, 22°.

Mon 1er contact avec les mauritaniens fut dans la salle d’attente de la liaison Tunis-Nouakchott. Je me suis retrouvée au milieu de femmes en habit traditionnel, un long voile souple souvent très coloré qui les enveloppe sans pour autant cacher leur visage. Quelques hommes également vétus du traditionnel boubou, grand drap avec un trou pour la tête et des fentes dans les coutures pour les bras ce qui permet de laisser passer l’air pour supporter les grandes chaleurs africaines. Sous le boubou, il portent une tunique à manche courte et le sarouel, pantalon bouffant avec une ceinture en cuir, longue, qui dépasse du sarouel.
Très gais, souriants, je me suis entie rapidement bien plus à l’aise que dans la salle d’attente du consulat de mauritanie lorsque je suis allée récupérer mon visa! Peut-être parce que j’étais encore trop parisienne avec tous mes repères alors que là je commençais progressivement à me dépouiller de mes habitudes occidentales pour une immersion totale.
Ainsi le thé servi après le repas dans l’avion fut le réel déclic du passage à la culture mauritanienne: après avoir versé 4 sachets de sucre dans sa tasse, alors que j’avais déjà terminé la mienne (non sucré bien sûr :-p!), mon voisin a versé la moitié de sa tasse dans la mienne que je n’ai pu refuser bien sûr! Ce fut ensuite un peu plus tard au tour des chewing gum…! Mais comment ne pas se sentir…en famille!

A peine sortie de l’avion, je fus prise par cette odeur de l’Afrique, chaude, accueillante, légèrement ponctuée de l’odeur animale du chameau, de la chèvre. Une fois les contrôles passés, les hordes de porteurs, je pu rejoindre le père Bernand et Oussman (l’homme à tout faire), venus me chercher en 4×4 afin de filer rapidement vers la mission catholique de Nouakchott pour y passer la nuit.  Située à 10mn de l’aéroport, la mission catholique est composée d’un grand bâtiment, frais et agréable avec des chambres attenantes ayant chacune leur salle de bain, grand luxe! Ce fut l’occasion de rencontrer 2 pères et 1 soeur de la communauté spiritaine.

Nous primes la route dès le lendemain matin pour Rosso situé à 200km au sud de la capitale soit 3 heures de route. Ce fut l’occasion de découvrir un paysage d’abord aride, parsemé de dunes, d’épineux qui n’empêchent pas les hommes d’y parsemer de simples tentes ou petits lotissements pour former leur village. Des troupeaux de chameaux, de chèvres se baladent et viennent brouter les maigres arbustes, on peu croiser également un vieillard sur son âne, une boucherie en bordure de route composée d’un simple étalage de viande fraiche…
Puis la végétation devient plus verte, un peu plus généreuse; les sacs plastiques viennent eux aussi largement colorer la terre sableuse!

Nous arrivons à Rosso, calme car nous sommes vendredi, 1er jour du week-end. La population composée de maures (berbères-arabes) et de negro africains est bien marquée sur les visages de chacun. je suis néanmoins surprise de voir à quel point ils sont grands et fins.
La route se fait de plus en plus mauvaise, caotique, le sable la recouvre, nous avons l’impression de rouler sur une piste. Enfin le clocher de l’église apparaît. Au centre du terrain de la mission catholique, c’est une jolie église qui nous accueille, entourée des autres bâtiments de la mission: la bibliothèque en forme de L, un petit hangar, un autre bâtiment avec notamment le bureau du père Bernard et la cuisine/salle à manger où nous prenons nos repas avec le père, une petite chambre avec l’ordinateur. Passé une petite grille, d’autres petits lotissements composés de sortes de studio s’alignent; c’est dans l’un d’entre eux que le père m’a installé, encore une fois: quel luxe! puis encore un peu après, nous arrivons dans le bâtiment occupé par les soeurs maristes, plus récent donc beaucoup plus frais!

J’ai été accueillie chaleureusement par le gardien et les soeurs, là encore, on ne peut que se sentir en famille! Autour d’un véritable festin préparé avec amour par la soeur italienne: melon, mulet au four garni de petits légumes, féculents cuisinés dans une sauce au coco exquise, salade du jardin cultivée dans un quartier de la ville, glaces mangue et fraise maison, tarte à la mangue maison également, la sieste fut la bienvenue! Le repos se fait jusque 16h environ car la chaleur s’installe de façon radicale et assome totalement malgré le vent qui souffle en permanence laissant mess lèvres sableuses et la bouche sèche. Dès la tombée du jour, la fraicheur revient et je supporte bien une petite laine! Nous avons fini les restes le soir, nous fêtions également le départ le lendemain matin d’une des soeurs pour le Sénégal pour quelques mois.
Ce départ fut l’occasion pour moi de l’accompagner au Sénégal sur l’autre rive du fleuve avec la soeur italienne. Nous avons pris l’une des multiples pirogues qui part dès qu’elle est remplie et c’est un ballet incessant de va et vient d’une rive à l’autre, transport « clandestin » selon les mauritaniens… La traversée du fleuve « légale » se fait par le Bac, sorte de petit paquebot avec une plateforme qui peut transporter jusqu’à 2 camions ou 12 voitures; nous l’avons vu au moins avec un troupeau de chameaux, affolés!
C’est incroyable d’arriver à Rosso Sénégal, on se sent réellement dans un autre pays, on entre vraiment en Afrique Noire!

Puis nous avons été au centre où les femmes handicapées fabriquent des sacs de toute sorte, des vêtements, etc. vendus à Nouakchott ou à des étrangers qui les revendent en Europe. Cette micro entreprise est tenue par une handicapée surprenante d’énergie et de volonté. La soeur qui l’aide et l’accompagne part également en mission dimanche matin à Rome, je prendrai donc le relais (les matins du dimanche au mardi). Je prendrai également son relais à la bibliothèque où elle fait du soutien scolaire en anglais (les après-midi du lundi au jeudi).
J’ai pu avoir un 1er aperçu du fonctionnement de la bibliothèque cet après-midi entre 16h et 18h avec la bibliothécaire et Oussman, il y a beaucoup de travail et d’amélioration administrative à effectuer mais ils sont déjà sacrément bien organisés! Rien qu’une soixantaine de jeunes sont venus cet après-midi de WE pour se documenter, lire, préparer leurs leçons, ils sont très curieux et ont un réel désir de progresser, d’aller à l’université. Pour cela Oussman est un véritable génie, il a le don pour donner des techniques, des astuces aux élèves pour faire leurs devoirs, et pour leur donner le goût de l’école et la motivation pour travailler.

J’ai l’impression d’avoir déjà découvert tant de choses à peine arrivée, je me sens très pauvre d’esprit, de connaissances! question de temps comme toujours, d’adaptation aussi car j’ai l’impression d’être complètement amorphe!

Voilà, quelle joie d’être là, je ne peux que remercier tous ceux qui m’ont accueilli depuis mon premier pied posé sur le sol Mauritanien!

Eglise de la Mission Catholique de Rosso et bâtiment principal du père (bureau,cuisine,salle à manger, etc).jpg Bibliothèque vue de l'entrée.jpg Chez les Soeurs.jpg Entrée de ma chambre/studio.jpg Mon lit avec moustiquaire indispensable!.jpg photo017.jpg Vue depuis la bibliothèque.jpg

 

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