Rosso

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13 février, 2011

A la rencontre du désert Mauritanien, l’Adrar

Classé dans : Non classé — marierosso @ 11:03

Je vous en ai parlé et reparlé de mon rêve de partir marcher dans ce désert avec guide et chameaux (dromadaire en fait mais le terme de « chameau » est resté dans le langage courant). Enfin me voilà comblée après 400km parcourus dans l’Adrar en décembre puis 300km en janvier, magnifique désert mauritanien aux multiples visages entre sable et pierre. Les circuits que j’ai faits, seule puis avec 3 autres français, formaient une boucle au Sud de la capitale de la wilaya de l’Adrar, Atar. De village en village je n’ai eu de cesse de m’émerveiller au fil des heures sur ce qui défilait sous mes yeux, jusqu’au soir, éblouie par un ciel étincelant de mille diamants.

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L’Adrar est appelé le « pays de la pierre ». Sa capitale, Atar, est située à 230 mètres d’altitude, blottie entre des vieux plateaux culminant à 400 mètres. Atar serait un nom berbère désignant une route ou une plaine entre deux plateaux. On dit que cette zone du Sahara était autrefois recouverte d’eau. Elle s’est progressivement asséchée, avec des fleuves et des lacs qui ont permis à l’homme de s’y installer. Habité depuis 600 000 ans, ces hommes de race noire, pratiquaient l’élevage, la chasse, l’agriculture et la fabrication de céramiques. De nombreux outils retrouvés et peintures rupestres en témoignent. La sécheresse les a néanmoins contraints à migrer vers le Sud à partir du 1er millénaire, les conditions de vie devenant trop difficiles pour leur survie. Des populations berbères, de race blanche, venues du Maghreb et adaptées à ce climat saharien notamment avec leurs chameaux, ont alors pénétré ces terres petit à petit abandonnées et s’y sont installés définitivement, non sans violence. Cela dura 15 siècles ! Ces berbères prirent le contrôle des liaisons entre l’Afrique du Nord et le Soudan, et devinrent les guides indispensables des caravanes du désert. Puis avec l’islamisation, des guerriers arabes sont venus conquérir ce territoire. L’Adrar est aujourd’hui le pays des nomades, Maures blancs descendants des conquérants arabo-berbères, progressivement poussés à la sédentarisation de part les difficultés croissantes de survie dans le désert.

Aujourd’hui je peux dire que j’ai été à la rencontre du désert, j’y ai découvert une infime partie de cet univers qui regorge de trésors, où la vie EST ! Plantes, animaux et insectes évoluent en harmonie avec ce milieu qui leur est pourtant si hostile. Je n’ai jamais eu la sensation de vide ni de silence mais au contraire, tout autour de moi laissait deviner ces petits miracles de vie : sur le sable les jolies traces de scarabée, de lézard, de serpent ou même de fennec, de chacal, de lièvre et que l’on retrouve dans les dessins de l’artisanat mauritanien ; des damans qui se cachent dans la roche, sans oublier cet incroyable animal qu’est le dromadaire. On découvre au hasard des dunes une végétation épanouie, parfois même une gracieuse étendue d’eau dans laquelle on se plairait à se baigner. Des papillons blancs virevoltent par milliers, oiseaux et criquets chantent à tue tête en véritable concert !

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Grâce à l’abondance des pluies durant l’hivernage cette année, de ravissants buissons fleuris, acacias, mimosas s’offrent à nos yeux comme un spectacle printanier et le vent nous embaume de leurs merveilleux parfums… divins !!!

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L’agriculture est florissante, combien de beaux jardins avons nous traversé ! Carottes, betteraves, navets, tomates, oignons, courgettes, aubergines, niébé, orge, mil, sorgho, maïs, persil, menthe…  Principalement en ville, le mauritanien du nord change progressivement ses habitudes alimentaires, en incorporant un peu plus de légumes.

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 On traverse également de vastes champs de pastèques blanches dont les pépins séchés et pilés donnent une farine très riche avec laquelle on fait de la bouillie ou de la purée. Cette bouillie notamment était utilisée pour gaver les petites filles (8 litres par jour !) afin de les rendre bien grasses; ainsi on dit que lors des pillages, au moins les bandits ne pouvaient emporter les femmes !

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Le désert n’est donc pas seulement ces dunes de sable qui s’étendent à l’infini comme on se le représente depuis l’enfance, mais il recèle une variété surprenante de paysages plus somptueux les uns que les autres : regs, oueds, oasis, guelta, canyon.

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 circuitadrar284.jpg un petit tour dans la pierre…un petit tour dans le sable  dsc01751.jpg

L’absence de mouvements terrestres depuis des milliers d’année font de cette région un véritable musée à ciel ouvert de pierres de toutes tailles aux teintes multicolores, façonnées par l’eau, le soleil et le vent au gré du temps. C’est une véritable exposition géologique d’art tantôt baroque tantôt contemporain.

dsc01709.jpg dsc01697.jpg dsc01469.jpg  dsc01699.jpg  dsc01721.jpg dsc01474.jpg dsc01472.jpg circuitadrar54.jpg dsc01762.jpg dsc01694.jpg dsc01813.jpg dsc01811.jpg  dsc018171.jpg 

Des cordons dunaires aux reliefs chaotiques des plateaux, on observe un magnifique rapport de force entre les courbes gracieuses et laiteuses du sable, et cette roche anthracite majestueuse qui s’élève puissamment, spectacle grandiose !

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Au creux d’une faille dans un plateau, un paradis insoupçonné se dévoile, l’oasis de Terjit. Au fond, une source d’eau tiède jaillie de la roche se déversant dans un petit bassin. Plus loin l’eau suinte le long des parois rocheuses couvertes de mousse, des stalactites se forment par endroit créant de véritables réservoirs naturels d’eau fraiche. Récupérée dans une bassine, on s’empresse de remplir nos gourdes de cette eau de source tout juste délicieuse.

dsc01615.jpg dsc01616.jpg dsc01619.jpg dsc01621.jpg (lors de mon 2nd circuit et avec mes parents à Noël)

circuitadrar99.jpg au dessus de l’oasis, encore un nouveau paysage…

et encore une curiosité le long du chemin: des stalactites au creux de la falaise cette fois-ci dsc01718.jpg

El Berbera, au fond d’un canyon… il faut aussi prévoir son maillot de bain quand on part dans le désert!

circuitadrar295.jpg dsc01549.jpg dsc01553.jpg  circuitadrar306.jpg circuitadrar304.jpg circuitadrar307.jpg

  Au bord d’une falaise, on se penche pour découvrir cette jolie guelta à côté de laquelle on aurait pu passer sans la voir dsc01766.jpg

Et puis il y a l’Homme qui laisse son empreinte à travers de multiples objets préhistoriques (pointes de flèches, …), de nombreuses grottes où l’on peut voir des peintures rupestres. Certains ont fui lors des périodes de grande sécheresse mais d’autres ont su s’acclimater et se nourrir de tout ce qui pouvait s’offrir à eux dans cette immensité. Il est vrai que j’ai eu le sentiment de me laisser apprivoiser, de me fondre naturellement dans cet environnement pour pouvoir mieux l’observer, l’écouter, le sentir, le vivre, et toutes mes habitudes quotidiennes prenaient un caractère si futiles ! Le temps ne compte plus, tout devient plus simple et pourtant les conditions de survie sont rudes. C’est bien dans le dénuement que l’on retrouve le sens de la liberté, « nous sommes possédés par nos possessions » disait Théodore Monod.

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Les campements nomades parsemés ça et là en sont le reflet encore aujourd’hui. Même si la modernisation s’y introduit petit à petit, les mentalités restent authentiques. On aperçoit de loin ces tentes de tissus blanc comme perdues au milieu de nulle part. Selon la taille des familles et les endroits, on en croise une seule ou plusieurs, quelques rares encore marrons, tissées en véritable poil de chameau. Toute la famille dort sous la même tente, hommes et femmes mélangés. Les nomades se déplacent au gré des pâturages nécessaires pour leurs troupeaux : chèvres et moutons procurent la viande et le lait, ânes et chameaux sont leur moyen de transport pour se ravitailler en eau, en provisions et se déplacer. Vous serez toujours accueilli par une calebasse de srig (boisson très rafraichissante composée de lait, d’eau et légèrement sucrée), de lait caillé ou  même de lait mousseux tout juste tiré du pis…un délice. Le lait sert également à faire du beurre, je n’aurai jamais cru que j’apprécierai autant le bon goût d’un beurre baratté avec du lait de chèvre.

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dsc01565.jpg dans la famille du chamelier lors de mon 1er circuit

Les bêtes vendues permettent également de se procurer les autres denrées dont ils ont besoin comme le couscous, la farine, le sel, le thé, le sucre, et maintenant l’huile, le riz, les légumes, mais aussi gaz, torches, téléphone portable…

Dès la plus tendre enfance, les jeunes nomades apprennent ce qui est essentiel à leur survie: les bienfaits de chaque plante, aller chercher l’eau au puits, comment tuer et préparer l’animal, conduire son troupeau dans les plus beaux pâturages pour la journée ou parfois plusieurs jours durant, etc. sans compter la richesse du contact humain. Autant de gestes qui marquent un profond respect pour tout ce qui est vivant autour d’eux, et principalement de l’autre. Je comprends mieux maintenant l’importance de la tradition orale au cœur de ces tentes où les nomades aiment à se retrouver en famille, avec les amis et accueillent avec une hospitalité sans précédent l’étranger de passage.  Tous ensemble autour du feu ou par petits groupes dispersés, on prend des nouvelles, on évoque ses problèmes, les derniers évènements, on partage des conversations que l’on prolonge volontairement avec le rituel du thé. Des  femmes se mettent à chanter, à danser, des hommes se livrent à la poésie. Ambiance joyeuse et chaleureuse d’une soirée dans le désert.

Renommée pour ses nombreuses palmeraies, le temps de la récolte des dattes, la Guetna au mois de juillet, est aussi celui des festivités pour les nomades. En cette saison où le soleil est écrasant, délaissant villes et campements de toute part de la Mauritanie, les palmeraies entrent dans une effervescence sans pareil. Durant la journée, on se réfugie à l’ombre fraiche des palmiers dattiers, savourant ces moments de retrouvailles autour du thé et des dattes tout juste cueillies. Les soirées laissent place aux plus beaux mariages, concerts et autres réjouissances.

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La Passe d’Amogjar, site d’exception des massifs de l’Adrar qui relie Chinguetti à Atar, panorama splendide. Du haut du plateau, la piste plonge dangereusement vers le centre d’un cirque montagneux pour les contourner. Comme un voyage au centre de la terre on accède graduellement à un joli plateau. Un chemin nous mène aux restes d’un fortin construit pour le tournage du film Fort Saganne (tiré du roman de Louis Gardel dont l’action se passe au Sud de l’Algérie). Tourné en 1984 par Alain Corneau avec Gérard Depardieu, Sophie Marceau et Philippe Noiret, on peut imaginer que ce fut une grosse expédition, pierres, eau etc., ayant été acheminés à dos de chameau …

Une autre piste aujourd’hui goudronnée a été construite à travers les massifs pour réduire largement la distance qui sépare les 2 villes, c’est la Passe d’Ebnou (ou Passe de Nouatil).

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Le rythme des journées varie en fonction des saisons. Le mois de décembre est encore doux, on se lève  vers 6h15 pour être partis vers 7h45-8h car la chaleur nous gagne à partir de 11h30. En janvier, c’est l’hiver, le soleil se lève plus tard donc on peut décaler le réveil et le départ. Nous marchons entre 3 et 4 heures d’affilées le matin, avec quelques rares pics de 5 heures. Nous faisons une longue pause déjeuner de 2h30-3heures. Puis on reprend la route entre 1 et 3 heures l’après-midi selon le lieu de bivouac. L’emplacement est choisi essentiellement en fonction de 3 critères dont le 1er est indispensable : il doit y avoir du pâturage pour les chameaux, du bois pour le feu et du sable pour installer nos tentes. Dès qu’on arrive au bivouac, on décharge les chameaux, on aide à trouver du bois si besoin et chacun installe sa tente. Une petite toilette est toujours la bienvenue avant de retrouver nos accompagnateurs pour aider à la préparation du repas, ou tout simplement s’installer sur les nattes auprès du feu, accueillis par une assiette de dattes, arachides et biscuits sans compter le rituel du thé. On apprécie ce moment convivial de détente propice aux conversations diverses et variées. Si on est proche d’un village ou de campements, des marchandes viennent discrètement installer leurs marchandises à proximité de nous et attendent patiemment qu’on vienne les voir mais sans obligation aucune. Selon l’état des marchandises bien souvent dégradées par les mauvaises conditions de conservation, on peut trouver de jolis objets artisanaux en bois tels que des calebasses, des coupes papiers, ou en cuir comme des étuis à pipe, des tamtams, des coussins, des bijoux en argent ou en cuivre; on entre alors ou non dans le jeu de la négociation, une véritable partie de théâtre!

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dsc01786.jpg  notre guide, Nemoud et nos chameaux. Plus exotique qu’avec parapluie et chiens en laisse non?!

circuitadrar371.jpg Mohamed, notre jeune chamelier nomade

circuitadrar282.jpg dsc01740.jpg on charge, on décharge, on recharge…

dsc01711.jpg dsc01712.jpg bivouac, cuisinier et chamelier

dsc01785.jpg tout le monde participe pour écosser les niébés frais

circuitadrar2551.jpg circuitadrar257.jpg  circuitadrar258.jpg   Préparation de la galette composée d’eau de farine et de sel, elle est cuite dans le sable, recouverte pas les braises.

circuitadrar140.jpg   circuitadrar280.jpg  petit déjeuner, tranches de galette sur notre grille-pain fabriqué avec un fil de fer ramassé sur le chemin!

circuitadrar260.jpg  circuitadrar219.jpg  Ravitaillement au puits

dsc01739.jpg  Descente de dune pieds nus dans le sable fin tout doux tout doux ou rando rocailleuse dsc01789.jpg

dsc01629.jpg  plus sportif le padre, chacun son plaisir!

dsc01734.jpg  Mauresque non gavée de bouillie!

dsc01727.jpg  notre vétérinaire en grande conversation avec un de nos chameaux!

dsc01686.jpg dsc01687.jpg circuitadrar354.jpg dsc01540.jpg  dsc01518.jpg  dsc01519.jpg  dsc01482.jpg  dsc01507.jpg villages des palmeraies habités surtout au moment de la guetna

dsc01500.jpg dsc01499.jpg  rencontres au puits

dsc01562.jpg dsc01561.jpg  au détour d’un dune, on tombe soudainement sur une chamelle et son chamelot né pendant la nuit, on croisera plus tard son propriétaire parti à sa recherche

dsc01586.jpg dsc01585.jpg  allé, pour la photo tout de même

dsc01576.jpg  Je ne peux que dire: à bientôt!!!

Chinguetti, 2 visites avec mes parents puis entre amis

Classé dans : Non classé — marierosso @ 11:02

Chinguetti, au carrefour des routes entre l’Afrique de l’Ouest d’une part et l’Andalousie, le Maghreb et l’Orient musulman, d’autre part, fut le point de rencontre stratégique des caravanes transsahariennes.

7ème ville sainte de l’Islam, elle était aussi un des points de départ du pèlerinage vers la Mecque. Les pèlerins musulmans d’Afrique et du Sahara s’arrêtaient pour préparer matériellement et spirituellement leur voyage aux lieux saints de l’Islam.

De ces contacts intenses et variés sont nés une activité économique soutenue et un enrichissement intellectuel constant. Son université attirait les plus grands savants.

On trouve 13 bibliothèques familiales privées à Chinguetti. Elles renferment des textes anciens dont le plus vieux date du XIème siècle. Ces ouvrages gainés de cuir colorié (peau de gazelle ou de chèvre), frappé d’or, aux calligraphies d’une finesse remarquable, ne viennent pas tous de la région mais ont été rapportés d’Afrique du Nord, d’Egypte, de Syrie, de Tombouctou, par des pèlerins ou des messagers. On y trouve aussi bien des manuscrits sur le coran  que sur l’astronomie, les mathématiques, la grammaire, la littérature arabe, la poésie, etc. L’attachement au savoir se transmet de génération en génération, on se familiarise dès l’enfance avec les manuscrits, on apprend à les connaître, à les aimer en véritable trésor familial.

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Conservés aujourd’hui dans des boites d’archive poussiéreuses et en dégradation constante, un plan de sauvegarde de l’Unesco est à l’étude, proposant aux familles de réunir ces ouvrages pour les remettre en état à l’étranger. L’Unesco se heurte aux familles qui refusent de laisser sortir ce précieux patrimoine de leurs armoires.

La vieille ville, située entre dunes et oued, a été entièrement désensablée, elle est classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1996. A travers ses étroites ruelles, les maisons révèlent une belle architecture de pierre couleur ocre, les toitures sont faites avec des troncs et brances d’arbres ou de palmiers dattiers. Au centre, une jolie mosquée au minaret carré coiffé d’une série de corniches à encorbellement et sur lesquelles se dresse 5 œufs d’autruche.

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dsc01630.jpg maman au pied des dunes de chinguetti

29 novembre, 2010

Gorée

Classé dans : Non classé — marierosso @ 23:04

5ème étape: l’île de Gorée

Accueillie par les Soeurs de Saint Coeur de Marie, j’ai pu passer 4 jours inoubliables sur l’île de Gorée. Il y aurait là encore beaucoup à dire sur cette île plus connue sous le nom de l’île aux esclaves. Aussi par manque de temps, je me permets de recopier une présentation de Gorée qui exprime parfaitement ce que j’ai pu ressentir au delà de son aspect historique.

« Située à 4 kilomètres au large de Dakar, à vingt minutes par la chaloupe, l’île de Gorée est un des endroits les plus attachants du Sénégal. Elle se caractérise par une architecture parfaitement homogène, et, si ce n’étaient les dizaines d’enfants africains jouant dans ses rues ainsi que les baobabs et bougainvillées poussant un peu partout, le visiteur se croirait plus facilement dans un village provençal.
Gorée se trouvant au centre de la rade que forme la côte sud de la presqu’île du Cap-Vert, à l’abri des vents atlantiques, elle constitue depuis longtemps un abri sûr pour le mouillage des navires. D’origine volcanique, cette île rocheuse est formée de laves refroidies, comme en témoigne l’utilisation du basalte pour diverses constructions.
Elle est surplombée au sud par un plateau granitique. Dans l’anse de Gorée près du port une petite plage de sable bénéficie d’une eau claire et de vagues modérées. L’eau y est un peu plus fraîche que sur les plages du continent. »

 

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Son emplacement stratégique pour le trafic des navires en a fait un véritable lieu de vente d’esclaves. On visite aujourd’hui la maison des esclaves qui pouvait en contenir 150 à 200, hommes, femmes et enfants. Il est facile de deviner les conditions dans lesquelles ils vivaient, parfois touchés par les épidémies de peste. Vendus à destination des autres continents, ils accédaient au navire par la trés réputée « porte du voyage sans retour ».

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Petite Côte

Classé dans : Non classé — marierosso @ 22:37

4ème étape: la Petite Côte

On sent que l’on approche de la Capitale, les stations balnéaires et les touristes se font de plus en plus nombreux. C’est pourquoi aussi je ne m’y suis pas attardée d’autant plus que cela faisait plus d’un mois et demi que j’étais partie.

Je suis accueillie non loin de Mbour à Nguekokh, chez un ami de la mission catholique de Rosso, installé au Sénégal depuis 2 ans maintenant. L’endroit est idéal car de nombreux sentiers permettent de s’évader dans la nature, d’un côté une belle forêt classée de baobabs où l’on croise de jolis villages Peuls, de l’autre on rejoint la lagune de la Somone, sur la côte. Ce fut l’occasion aussi d’une belle balade avec des amis français en partant de la réserve naturelle de Popenguine, superbe panorama du haut de sa falaise, quelques passages difficiles dans une végétation luxuriante à souhait, le tout couronné par un déjeuner d’excellents poissons et homards grillés au feu de bois au bord de la lagune de la Somone…!

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Siné Saloum

Classé dans : Non classé — marierosso @ 22:19

3ème étape: le Siné Saloum

Pour rejoindre le Siné Saloum, il a fallu traverser la Gambie et son immense fleuve, bien plus impressionnant que celui qui sépare la Mauritanie du Sénégal!

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La région du Siné Saloum est le royaume des Sereres (certains disent qu’ils auraient des origines égyptiennes), la culture du riz des tribus Diolas est remplacée par la culture du Mil, céréale très très consistante, surtout consommée le soir…

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Les fromagers font place aux Baobabs, tout aussi imposants! Encore une fois, l’arbre est un véritable trésor pour l’être humain: l’écorce des baobabs sert à faire des cordes mais aussi des médicaments; les feuilles, séchées et pilées, donnent une poudre que l’on ajoute dans les sauces des plats de mil car elles sont riches en fibre et facilitent la digestion; le fruit, le pain de singe, est utilisé également en poudre mais plutôt comme antidiarrhéique et comme boisson.
J’ai pu visiter un baobab sacré âgé de 850 ans (cf 3ème photo) et dans lequel on enterrait les griots. Selon la tradition pour éviter toute malédiction, les griots ne pouvaient être enterrés à même le sol car ils ne travaillent pas la terre. Les griots sont les communicateurs traditionnels en Afrique. Ils détiennent par héritage la parole, le chant et la musique et sont présents à chaque grande occasion. Ce sont eux qui annoncent les évènements dans un village par le biais du tam tam par exemple (cf 4ème photo).
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Le Siné Saloum est surtout une région surprenante entre terre et mer, qui fourmille de canaux dessinant des centaines d’îles ou îlots. On retrouve les mangroves peuplées des palétuviers, des lagunes. La faune marine y est très riche (poisson, huitres, coquillages, crevettes), véritable paradis pour les oiseaux marins (pélicans, bécasses, flamants roses, vanneaux éperonnés, hérons, aigrettes noires, tourterelles, hirondelles, etc.).

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C’est intéressant aussi de voir d’une région à l’autre les différences d’habitation, ainsi le toit des cases n’est plus fait de paille mais de feuilles de palmier rônier.

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Arrivée à Joal Fadiouth j’ai été accueillie par les Soeurs Fransiscaines Missionnaires de Marie. L’une d’entre elles (également une ancienne de Mauritanie) gère le centre de promotion féminine avec un diplôme obtenue à l’issue des 3 années de formation: couture, teinture, ménage, cuisine, etc. Une autre Soeur enseigne l’espagnol au collège. D’autres Soeurs dans les environs gèrent un foyer de 45 jeunes filles, formées principalement aux tâches ménagères, elles sont souvent immédiatement employée par des familles après leur formation.

La commune de Joal Fadiouth, ville natale de Léopold Sédar Senghor, est une ville tout en longueur, coincée entre la mer d’un côté et les mangroves de l’autre.

 

d’un côté le mer …. dsc012961.jpg

 

…de l’autre les mangroves dsc01283.jpg

 

A la pointe de Joal, on accède par un joli pont tout en bois l’île aux coquillages de Fadiouth. Constituée entièrement de coquillages (récoltés et séchés à même le sol), cette île artificielle possède 6 quartiers. Auparavant à 100% catholique avec un Saint Patron par quartier, une grande mosquée a ensuite été construite avec une aide financière de l’église catholique. L’île compterait aujourd’hui 4 mosquées.

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Relié à Fadiouth par un autre pont, son cimetière aux coquillages est situé sur un îlot. C’est le symbole même de la tolérance religieuse puisqu’y sont réunis musulmans et catholiques! Depuis le cimetière, on peut très bien voir les fameux greniers à mil qui permettent de faire sécher les récoltes, faute de place dans le village!

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dsc01230.jpg  Tient, un petit air de Bretagne!

 

 

28 novembre, 2010

Casamance

Classé dans : Non classé — marierosso @ 16:56

2ème étape: la Casamance

Après le relief du Sénégal Oriental, je découvre une région bien plus plate. Les rizières s’étirent jusqu’à l’horizon, parsemée de palmiers, de fromagers qui n’en paraissent que plus élégants.

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Les mangroves, plus trapues, nous invitent à nous enfoncer en pirogue ou en kayak dans les méandres de leurs sillons. On admire les racines aériennes des palétuviers qui semblent plonger dans l’eau. Véritable trésor environnemental, les palétuviers ne poussent qu’en milieu marin avec un certain taux de salinité. « Il faut savoir que le palétuviers grâce aux glandes excrétrices de sel de ses feuilles lui permet d’isoler et d’éliminer le sel en excès. Les racines échasses sont « équipées » d’un système respiratoire qui leur permet d’effectuer des échanges gazeux à marée basse. » On cultive des huitres qui s’accrochent aux racines, poissons et crevettes foisonnent et les oiseaux y vivent par milliers. C’est pourquoi une importante association, l’Océanium, travaille au reboisement de la mangrove en Casamance.
« Un camion itinérant projette publiquement des films de sensibilisation dans toute la sous-région. Des séances d’éducation environnementale sont organisées dans les écoles afin de former des éco citoyens et les futurs gestionnaires de l’environnement. Pour lutter contre la déforestation, l’association mène des campagnes de reboisement et participe à la création de pépinières, de périmètres agro-forestiers et de forêts communautaires. Le travail de l’Océanium consiste enfin à impliquer les scientifiques, les médias et les pouvoirs publics dans ses combats pour la pérennité des ressources naturelles d’Afrique de l’Ouest. » (http://www.oceanium.org)

dsc00964.jpg  dsc00998.jpg  dsc01080.jpg  dsc01079.jpg  dsc01071.jpg (là je suis en mode protection maximale contre le soleil à cause des brûlures au visage, mains et pieds…!)

Ici, c’est le pays des Diolas, animistes, dont le riz est la culture traditionnelle de subsistance, c’est un signe de richesse. Chaque famille hérite d’une parcelle à cultiver entièrement à la main ce qui nécessite un travaille long et fastidieux mais sacré. De ce fait, ils refusent les méthodes de culture industrialisées… La production obtenue doit couvrir les besoins pour l’année, c’est pourquoi le riz n’est pas commercialisé. Malheureusement c’est souvent bien trop insuffisant et les familles doivent acheter du riz importé de Chine! On cultive aussi le riz de montagne qui a moins besoin d’eau et ne nécessite pas d’être repiqué comme le riz des bolongs. Les Diolas représentent un peuple particulièrement attaché à ses traditions, ils ont une forte personnalité. Il y a encore des rois dans certaines régions qui gèrent les affaires de leur Royaume (plusieurs villages réunis). C’est pourquoi ils se heurtent facilement aux institutions gouvernementales. Parallèlement ils se sentent mis à l’écart de tout au Sénégal à cause de la situation géographique de la Casamance, séparée du reste du pays par la Gambie (cf carte dans l’article « Sénégal, introduction »).
Vivent également d’autres tribus telles que les Balants (chasse et élevage), les Bâmouks, les Mandingues, les Soninkés, Toucouleurs et Peuls. La Casamance est aussi la région qui contient le plus de chrétiens.

La Casamance est le paradis des fruits (malheureusement pas pendant la saison des pluies) avec ses mangues, papayes, fruits de la passion, oranges, pamplemousses, citrons. Mais c’est aussi celui du poisson, des huitres, des crevettes, des coquillages (dont j’ai pu me régaler, tout juste ramassés le matin même chez une famille qui m’a invitée après avoir demandé mon chemin!), pays des arachides, de l’huile de palme.
De la capitale de la Casamance, Ziguinchor où j’ai été très gentiment accueillie par la grande famille des pères spiritains,  j’ai pu visiter, entre 2 orages, de beaux villages à pied mais aussi en scooter grâce à un ami de la mission! Ci-dessous la maison et la cuisine d’un ami (tout en bleu sur les photos) chez qui nous avons déjeuné de succulents petits poissons fraichement pêchés, juste cuits à l’eau avec un peu de citron…un délice!

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Encore de bien belles découvertes telles que cette case à impluvium au sein de laquelle vivent 4 familles. Le toit est en paille. Les « appartements » se répartissent autour d’un grand puits de lumière au centre de la case. Cette ouverture centrale permet de récupérer l’eau des pluies (douche, lessive,etc.) , d’avoir de la luminosité mais aussi de limiter les ouvertures sur l’extérieur et les sorties afin de se préserver des attaques éventuelles. Ainsi par exemple l’éducation peut se faire par les vieux à l’intérieur.
La seconde photo montre le kanbab, ceinture qui sert à monter dans les palmiers lors de la récolte de la sève qui donne le vin de palme. Par incision sur le pédoncule des régimes, on récupère la sève dans une bouteille (auparavant dans une calebasse). Après une fermentation très rapide (1 jour grand max), le vin de palme est immédiatement vendu par les femmes car il ne se conserve pas.
La 3ème photo représente la pelle traditionnelle, le kadiendo, outil indispensable pour la culture dans les rizières.
La dernière photo représente une ruche, tout est à portée de main!

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Puis je me suis dirigée vers Oussouye chez des Soeurs de Saint Coeur de Marie. Certaines Soeurs sont enseignantes mais leur principale activité est de s’occuper de leur « orphelinat ». Ce sont des enfants dont la maman est décédée à la naissance, ou alors handicapée ou dont la maladie l’empêche de s’en occuper. Le père ne pouvant prendre en charge l’enfant, il le dépose chez les Soeurs. Les enfants sont accueillis jusque l’âge de 6 ans. De là ils vont dans un autre « orphelinat » à Cabrousse, sur la côte, pour aller à l’école. J’ai été leur rendre visite lors de mon passage à Cabrousse et là encore j’ai pu admirer le travail des Soeurs avec des établissements impeccables, un enseignement très bien organisé, un jardin potager et j’en passe. Ils vont alors tous les étés passer un mois dans leur famille pour se réacclimater à l’environnement familiale avant de revenir définitivement chez leurs parents à l’âge de 12 ans. Autant vous dire que ce n’est pas toujours évident car le niveau de vie de certaines familles est souvent vraiment misérable. Les Soeurs s’en sortent habituellement grâce au parrainage qui suit l’enfant autant de temps que cela est possible mais la crise est partout et ces parrainages viennent à manquer aujourd’hui, il faut pourtant bien nourrir tout le monde! Néanmoins, ce travail laborieux porte ces fruits avec des enfants qui arrivent eux aussi un jour à trouver un emploi, à fonder une famille et à vivre dignement.
Je suis arrivée au moment de la fête du roi d’Oussouye (ci-dessous en rouge si vous arrivez à le voir!), célébrée avec 3 jours de lutte traditionnelle, 2 jours réservée aux hommes et 1 journée pour les femmes.

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Autre curiosité lors d’une ballade en VTT: une case à étage. Elle a été construite par un ancien tirailleur sénégalais appelé en France pendant la 2nde guerre mondiale, et qui avait voulu reproduire chez lui le modèle des maisons européennes.

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Ci dessous le fromager, arbre caractéristique du Sud du Sénégal alors qu’on retrouvera les baobabs plutôt au Nord du pays. Ses racines procurent un bois léger avec lequel on fait des portes, des pirogues mais aussi de petits avions. Et puis l’arbre à calebasses qui sert pour faire des récipients mais aussi des instruments de musique comme la kora.

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Et puis la Casamance c’est aussi ses bolongs, bras de mer qui s’infiltrent à l’intérieur des terres du Sénégal et permettent de ravissantes ballades et visites d’îles paradisiaques!

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sa côté bordée de plages de sable fin et de cocotiers…

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De villages en villages, j’ai pu rencontrer d’autres communautés de Soeurs qui gèrent crèches, écoles primaires, collèges, sont dans l’enseignement; elles gèrent le dispensaire et sont infirmières, elles gèrent un centre de promotion féminine, un foyer de jeunes filles.

27 novembre, 2010

Sénégal Oriental

Classé dans : Non classé — marierosso @ 17:47

1ère étape: le Sénégal Oriental au Sud Est du Sénégal.
C’est finalement la région la plus authentique du Sénégal, région montagneuse encore très préservée de la civilisation, parsemée de villages de brousse, de loin celle que j’ai préféré!

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Arrivée en pays Bédik à Kedougou après 20 heures de cars entrecoupées de 2 pannes de 4 heures chacune…, j’ai tout de suite été immergée au pays de Kirikou au sein même de la mission catholique (cf 2 premières photos ci-dessous)! Quel dépaysement après les paysages désertiques de Mauritanie, ses tentes et ses melafa!

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La saison des pluies particulièrement intense en orages cette année m’empêchait de partir immédiatement en pays Bassari à Salemata (au sein de la communauté des Soeurs Fransiscaines Missionnaires de Marie dont l’une d’entre elle est une « ancienne »de Mauritanie). En effet l’eau en abondance rendait les routes impraticables, j’ai tout de même pu saisir une opportunité au bout de 3 jours.

Là ce fut un bain de verdure splendide à perte de vue qui s’offrit à moi, j’en étais éblouie, ne pouvant qu’être en admiration devant les bienfaits de la pluie. Imaginez que cette nature généreuse devient aussi aride que le désert à la saison sèche!

Ici on cultive des céréales comme le riz, le maïs, le  mil, le fonio, le sorgho, mais aussi les arachides, les gombos, les ignams, le manioc, le coton. Les champs sont parsemés de manguiers et quand le village n’est plus approvisionné en fruits, on cueille ce que nous donne la nature. Tout est utilisé pour la cuisine, les feuilles et pois des gousses de certains arbres, les racines, les feuilles de courges, de manioc ou de patate; on sèche, on pile, etc.

La population en grande majorité animiste conserve ses traditions. Ainsi l’initiation pour les garçons représente le passage à sa vie d’homme adulte, si je me souviens bien il doivent passer 15 jours dans le bois sacré tête baissée, s’ensuit tout un rituel avec danses et combats au village. Les filles aussi doivent passer 2 jours nues dans la montagne accompagnées par une vieille du village.

Les Soeurs ont un foyer qui accueille cette année 40 jeunes filles durant l’année scolaire. Une Soeur est infirmière, une autre s’occupe de promotion féminine (potager principalement mais aussi couture, teinture, etc.) et la dernière s’occupe du foyer.

Petite curiosité de Salemata ou extravagance d’un vieux français nostalgique avec peut-être  quelques séquelles du temps où il était militaire…

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Visite du campement d’Ethiolo avec ma jeune guide, improvisée à la sortie de la messe dominicale. Ce campement est très connu des guides touristiques car le propriétaire veut accueillir les touristes dans les habitations typiques du pays. L’objectif pour moi était d’y parvenir à pied à travers la montagne, ravissante ballade, toujours les pieds dans l’eau! J’ai pu faire bien d’autres ballades au gré des orages, un vrai régal!

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De retour à Kedougou et malgré le scepticisme de tout le monde encore une fois à cause de l’eau qui bloque tout, je voulais absolument aller voir la cascade de Dindéfélo et sa piscine naturelle située en pleine montagne à 25km à travers la forêt. Avec l’aide du Père de la mission et un ami, j’ai réussi à y parvenir en moto tant bien que mal je l’avoue. Heureusement mon jeune guide mécanicien connaissait parfaitement tous les sentiers et était lui aussi content d’aller faire un tour là-bas car c’est l’occasion pour se baigner et voir des amis dans les villages voisins. C’est sûr que nous avons été obligés de descendre de la moto régulièrement avec de l’eau jusqu’aux cuisses et la peur de noyer le moteur mais j’étais confiante accompagnée par un vrai pro! et je ne parle pas de l’orage qui nous a pris au retour, des passeurs que nous avons du payer pour qu’ils portent la moto d’un point à l’autre d’un torrent, l’eau nous arrivant à ce moment jusqu’au ventre (enfin, pour moi)! ça glissait terriblement, la nuit arrivait à grand pas, etc…enfin bon, on est rentrés sains et saufs, trempés, crevés et moi j’étais folle de joie d’avoir pu accéder à ce lieu magnifique!

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23 novembre, 2010

Sénégal, introduction

Classé dans : Non classé — marierosso @ 19:09

Me voilà de retour en Mauritanie depuis 15 jours maintenant aprés ces 2 mois au Sénégal du 1er septembre au 6 novembre dernier.

Je n’aurai jamais cru en partant au Sénégal que je pourrai avoir cette sensation de vie si chaotique! J’ai vraiment eu l’impression de vivre 2 mois dans un tourbillon de couleurs, d’agitation permanente, de rencontres merveilleuses et précieuses, de rencontres pesantes et épuisantes, d’obstacles, d’appels à l’aide…
Ce pays de la Teranga (l’ »hospitalité ») bascule vers l’expression amer d’un pays dépouillé de ses richesses qui ne lui permettent plus de vivre, ayant à peine de quoi survivre. Ce peuple si plein de Vie qui ne cesse pourtant de sourire, d’accueillir, de chanter, de danser, de s’en remettre à Dieu. Ils luttent tant bien que mal pour préserver au moins leurs valeurs, seul moyen de garder leur dignité et de se relever chaque matin alors qu’ils sont assoiffés de connaissances, d’évolution, de progrès mais tellement laissés pour compte. Je me suis demandée comment ce peuple, bien plus libre politiquement et religieusement que la Mauritanie, avait pu se retrouver aussi soumis à ceux qui le gouvernent: naïveté? … et pourtant libéré de l’esclavage depuis 1848!!!

Alors c’est une jeunesse fière de ses origines que j’ai croisée mais totalement aveuglée par les médias qui les ouvrent sur une société occidentale où personne ne manque de rien et la vie est si facile… phénomène magnifiquement amplifié par le narcissisme choquant d’une capitale qui se voudrait déjà en tête des plus grandes capitales du continent, décalage foudroyant pour une génération née en brousse!!!! Bon, là je m’emporte, je sais que j’exagère mais ce n’est pas mentir de dire que Dakar a la folie des grandeurs et ne se préoccupe pas de nourrir son peuple.

Vous le comprendrez, à travers ce voyage j’ai pu vivre auprès d’acteurs remarquables que sont les communautés religieuses, elles sont à l’écoute de ce peuple qui ne veut pas baisser les bras, et oeuvrent avec tant d’énergie pour les aider à garder l’espoir en des jours meilleurs, j’ai été touchée… c’est peut-être d’ailleurs pour cela que je n’ai pris aucune photo des Pères et religieuses avec lesquels j’ai vécu pendant tout ce temps, parce que j’ai vécu un peu à travers eux leur quotidien sans y participer, comme lorsqu’on est en admiration par le travail d’un artiste en train de créer et qu’aucune photo ne peux témoigner de ce que l’on voit.

Enfin voilà déjà un aperçu de mon périple (3 villes= étape pour la nuit) sur la carte du Sénégal:
1/ Rosso-Dakar
2/ Dakar-Kedougou
3/ Kedougou-Salemata
4/ Kedougou-Tambacouda-Ziguinchor
5/ Ziguinchor-Oussouye
6/ Oussouye-Cap Skiring
7/ Cap Skiring-Ziguinchor-Joal Fadiouth
8/ Joal Fadiouth-Nguekokh
9/ Nguekokh-Ile de Gorée
10/ Ile de Gorée-Dakar-Keur Moussa
11/ Keur Moussa-Rosso

PS: je ne suis pas sûre de certains itinéraires pris par le car ou le taxi-brousse notamment pour le 1er et le 2nd…

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31 août, 2010

Centre de Récupération et d’Education Nutritionel

Classé dans : Non classé — marierosso @ 18:16

Voici tout de même une petite présentation du dispensaire dont j’ai souvent parlé, là où se trouve aussi l’atelier de couture des handicapées.

Tous les matins, Awa et Marietou avec Soeur Géma (de formation infirmière), accueillent des femmes dont les enfants sont dénutris, afin de leur apprendre les gestes quotidiens indispensables que toute mère doit connaître, en commençant par leur alimentation …et oui, ça ne s’invente pas d’être une maman!!!

Les femmes apprennent à faire la cuisine pour leurs enfants et préparent les repas à tour de rôle: la bouillie, les plats composés de poissons ou viande, féculents ET légumes. Malheureusement, elles ne reproduisent pas forcément ces bons gestes à la maison principalement pour des raisons financières d’ailleurs

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Elles apprenent également l’hygiène, à faire le ménage…

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Un médecin vient une fois par semaine pour osculter mamans et enfants. Tout est enregistré sur un registre, les enfants notamment sont par exemple pesés et doivent atteindre un poids cible en fonction de leur taille.

Chaque lundi, Awa et Marietou dispensent à ces femmes une formation de sensibilisation sur des thèmes différents tels que la malnutrition, le palu et la vaccination.

Awa s’adressent aux femmes Maures en Hassanya et Marietou en Wolof aux femmes négro-africaines.

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Et voilà un magnifique exemple de résultat en 2 mois et demi de temps…!!!

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25 juillet, 2010

Petit déj’ au désert

Classé dans : Non classé — marierosso @ 22:15

Ca nous a pris, par un matin couvert, à l’abri du soleil, d’aller prier sur les dunes. 2 voitures, 40km, nous voilà partis pour un petit déj’ pas comme les autres, au désert.

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 Les teintes du sable sont plus ou moins claires, plus il est blanc, plus il est ancien. C’est là aussi que l’on se rend compte que l’on est tout de même dans la vallée du fleuve, encore plus verte en cette saison d’hivernage.

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Il faut donc faire quelques km pour trouver de jolies dunes. A côté d’un village, une dizaine d’enfants nous ont vite précédés, Rossossois en vacances dans le coin. Mais nous connaissant, ils restent à distance, par respect et dans l’attente d’un signe pour s’approcher un peu plus. Au signal, Soeur Géma (rwandaise) et Père Bernard s’engagèrent alors dans un long échange avec eux pendant que nous autres allions chacune nous perdre dans les dunes…

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Bien jolie matinée, un petit air de vacances…

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